République Démocratique du Congo

Historique du Secrétariat Général de l'Enseignement Supérieur et Universitaire

Depuis la création de la première université publique à Élisabethville (Lubumbashi) en 1955 jusqu'aux réformes numériques actuelles, cette page retrace les grandes étapes du secteur : l'autonomie des universités consacrée en 1981, la création du Ministère de l'ESU en 1977 et de son Secrétariat Général, puis les chantiers en cours du Portail Numérique, de la Bibliothèque Numérique Nationale (BNN) et de l'Identifiant Unique Numérique (IUN) des étudiants.

Historique

L'histoire du Secrétariat Général de l'Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) est indissociable de l'évolution du système d'enseignement supérieur en République Démocratique du Congo. Depuis la création des premières institutions universitaires jusqu'à la mise en place de l'administration moderne de l'ESU, plusieurs réformes institutionnelles ont marqué le développement du secteur.

Les origines de l'enseignement supérieur

L'enseignement supérieur en République Démocratique du Congo trouve ses origines durant la période coloniale. En 1954, la réforme du système éducatif, consécutive à la « guerre scolaire », favorisa notamment la création d'établissements d'enseignement officiels. Cette dynamique conduisit les autorités de l'époque à créer une université publique destinée à compléter le dispositif d'enseignement supérieur existant.

C'est dans ce contexte que fut instituée, par le décret du 26 octobre 1955, l'Université Officielle du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, établie à Élisabethville (actuelle ville de Lubumbashi). Après la nomination de son premier Recteur, Monsieur Walther Bourgeois, et de son Conseil d'administration le 22 décembre 1955, l'université fut officiellement inaugurée le 11 novembre 1956 en présence du Ministre belge des Colonies, Auguste Buisseret.

À son ouverture, l'université comprenait notamment les facultés de Droit et Notariat, Philosophie et Lettres, Sciences commerciales, Sciences administratives et sociales, Médecine, Sciences ainsi que l'École des Sciences de l'Éducation. Au fil des années, ces structures académiques connaîtront plusieurs réformes et adaptations afin de répondre aux besoins du pays.

Les réformes institutionnelles après l'indépendance

À la suite de l'accession du Congo à l'indépendance le 30 juin 1960, l'organisation de l'enseignement supérieur fut progressivement adaptée au nouveau contexte politique et institutionnel.

En raison de la séparation du Congo d'avec le Ruanda-Urundi et du contexte politique marqué par la sécession katangaise, l'Université Officielle du Congo Belge et du Ruanda-Urundi fut renommée, par l'Ordonnance n° 800/162 du 14 juillet 1962, Université d'État à Élisabethville.

Après la fin de la sécession du Katanga en 1963, l'établissement prit la dénomination d'Université Officielle du Congo, avant d'adopter définitivement le nom d'Université de Lubumbashi en 1966.

Dans le souci de rationaliser la gestion des établissements d'enseignement supérieur, une importante réforme fut engagée en 1971 avec la création de l'Université Nationale du Zaïre (UNAZA), regroupant les principales universités du pays sous une administration unique.

Cette expérience fut cependant réévaluée et aboutit, en 1981, à une nouvelle réforme consacrée par l'Ordonnance-loi n° 81-025 du 3 octobre 1981 portant organisation générale de l'Enseignement Supérieur et Universitaire ainsi que par les Ordonnances-lois n° 81-026, 81-027, 81-028 du 3 octobre 1981 et l'Ordonnance-loi n° 81-160 du 7 octobre 1981. Ces textes rétablirent l'autonomie des universités et des instituts supérieurs tout en renforçant le rôle de l'administration centrale dans la coordination, la régulation et le contrôle du secteur.

Création du Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire

Le 1er juillet 1977 constitue une date marquante dans l'organisation administrative du secteur éducatif congolais. Cette année-là, l'ancien Ministère de l'Éducation Nationale fut scindé en deux départements ministériels distincts.
  • le Ministère de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP) ;
  • le Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU).

Cette réforme permit la mise en place d'une administration spécifiquement chargée de la gouvernance de l'enseignement supérieur et universitaire.

Le Secrétariat Général de l'Enseignement Supérieur et Universitaire fut ainsi institué comme l'organe administratif permanent chargé d'assurer la coordination technique et administrative des services du ministère ainsi que le suivi de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d'enseignement supérieur, de recherche scientifique et d'innovation.

Cadre juridique et missions

Conformément à l'Ordonnance n° 82/027 portant organisation et cadre organique des ministères du Gouvernement, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire a pour mission fondamentale d'appliquer la politique du Gouvernement dans le domaine de l'enseignement supérieur et universitaire.

À ce titre, il est notamment chargé de :

  • élaborer les projets de lois, d'ordonnances et les textes réglementaires relatifs au secteur ;
  • définir les programmes et orientations de l'enseignement supérieur ;
  • fixer les conditions de collation des grades académiques et scientifiques ;
  • assurer l'équivalence des diplômes et titres étrangers ;
  • exercer la tutelle académique, administrative et pédagogique sur les établissements publics et privés de l'enseignement supérieur ;
  • promouvoir la qualité, la recherche scientifique, l'innovation et le développement du système universitaire.

Le Secrétariat Général aujourd'hui

Le Secrétariat Général de l'Enseignement Supérieur et Universitaire constitue aujourd'hui la principale structure administrative du Ministère. Il assure la coordination des directions, divisions, services spécialisés et établissements placés sous la tutelle du Ministère.

Dans le cadre de la modernisation de l'administration publique, le Secrétariat Général conduit plusieurs réformes visant la transformation numérique du secteur. Celles-ci portent notamment sur :

la mise en œuvre du Portail Numérique de l'ESU, la création de la Bibliothèque Numérique Nationale (BNN), le déploiement de l'Identifiant Unique Numérique (IUN) des étudiants, la numérisation des cartes d'étudiants, ainsi que la mise en place d'un système national intégré de gestion des données de l'enseignement supérieur.

Par ces initiatives, le Secrétariat Général réaffirme son engagement en faveur d'une gouvernance moderne, transparente et performante, au service du développement de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation en République Démocratique du Congo.

Anciens Secrétaires Généraux

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